Féminisme: Vraiment égalitaire?

Réfléchissons ensembles

Attention

Avant d’être outré par le titre de ce texte, prenez le temps de réfléchir aux propositions et arguments. Soyez aussi au clair que ce texte se veut une réflexion et non une opinion coulée dans le béton et qu’il n’y a pas de position prise. Je suis tout à fait contre toutes inégalités et les femmes et les hommes devraient avoir les mêmes droits et opportunités. Ce texte n’est pas anti-féminisme, ni masculinisme. Mettons-nous d’accord que le féminisme n’est pas un mouvement pour les femmes et par des femmes pour dominer les hommes. Ce n’est pas non plus un article sur la défense de Lise Thériault, ministre de la condition féminine.
Cet article se veut une réflexion sur le mouvement féministe en ce qui concerne les discours, les actions et les différentes présentations du féminisme sans prétende connaître la vérité sur le sujet. Comprendre pour quelles raisons les gens ne veulent pas ou plus s’identifier comme étant féministe.

Réactions à Lise Thérieault

Je me suis roulé les yeux en lisant qu’une femme ministre de la condition féminine ne se considère pas féministe. J’ai lu plusieurs textes d’auteur(e)s outré(e)s par sa déclaration qui ont cité des définitions simplistes du dictionnaire du mot féminisme:

«attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes.»


J’ai par la suite pris le temps de réfléchir à ce que la ministre avait dit et je pense comprendre possiblement son point de vue d’être égalitaire plutôt que féministe.

À première vue, on pourrait croire que le féminisme est effectivement la promotion de l’égalité entre hommes et femmes. Pourtant quand on prend le temps de lire cette définition fort simpliste et réductrice du féminisme, on pourrait porter à croire que la définition sous-entend que les hommes ont tous les avantages et que les femmes sont les seules à subir des désavantages de leur sexe. Pourtant, les hommes comme les femmes subissent les conséquences des doubles standards et ne bénéficient pas de certaines opportunités accordées aux femmes. Le féminisme travaille principalement pour enlever les inégalités que les femmes peuvent subir dans cette définition. Une définition qui promouvoit l’égalité ressemblerait plutôt à ceci:


«attitude de ceux qui souhaitent que les droits et opportunités des femmes et des hommes soient égalitaires»


La différence est minime dans la syntaxe et le vocabulaire mais envoie un message bien différent. Le terme féminisme par sa racine linguistique fait référence aux femmes. On parle souvent aussi de patriarcat comme étant la source des difficultés féministes/femmes, ce qui fait référence aux hommes. Pour plusieurs personnes, le terme signifie que les femmes sont les victimes et que les hommes sont le problème. Je peux comprendre comment la ministre ne veut pas s’affilier à ce terme et ce mouvement, malgré que cela ne soit pas ce dont le féminisme travaille à combattre nécessairement.

Qui aide les hommes dans leur difficultés?

Le féminisme, surtout à ses débuts, faisaient davantage le combat des inégalités fait aux femmes. Cela était tout à fait justifié à cette époque où les inégalités étaient flagrantes et énormes. Heureusement, il y a eu des améliorations depuis, mais il reste du travail à accomplir sur ce front.
Cependant, en poussant l’analyse plus loin, n’avons-nous pas oublié les hommes aussi dans ces changements sociaux et «genrales» que le féminisme a engendré. Les hommes aussi peuvent être influencés négativement par des stéréotypes et des attentes à leur égard. Ils peuvent d’ailleurs être désavantagés dans certaines circonstances où les femmes ne le sont pas. Par exemple:

  • expression de leurs émotions qui mène à des difficultés en santé mentale
  • toujours besoin d’être fort qui porte à ne pas chercher de l’aide
  • ridiculiser et humilier pour des intérêts dit féminins
  • crainte ou accusation d’être perçu comme un pédophile avec des enfants dans des domaines typiquement féminin (ex: garderie)
  • droit de garde de l’enfant plus difficile dans des instances de divorce comparé à la mère
  • peine carcérale plus sévère que ceux des femmes pour un même crime
  • congé de paternité moindre
  • Difficulté plus importante pour dénoncer de la violence physique et sexuelle fait par une femme
  • etc.

Généralement, les organismes se disant féministes font la promotion d’aide pour les femmes à sortir et combattre des inégalités auxquelles elles font face quotidiennement. Combien d’organisme viennent en aide typiquement envers les difficultés réelles que les hommes font face? Il n’y pas trop longtemps, un des seuls centres pour aider les hommes ayant vécu une agression sexuelle a été fermé par manque de fonds. Il est claire que les organismes féministes ont leur place dans notre société, mais font-ils vraiment la promotion de l’égalité homme et femme ou combattent-ils plutôt les inégalités que les femmes subissent. Ce qui à mon humble avis, n’est pas nécessairement le même combat. Il faudrait en faire une réflexion approfondie pour réellement en tirer une conclusion. Il y a par contre des organismes féministes et des mouvements qui travaille effectivement sur les deux fronts.


Changements dans le mouvement féministe

Le mouvement féministe a eu plusieurs vagues et philosophies différentes au courant des années. Il existe toujours aujourd’hui des perceptions différentes sur la signification du féminisme. C’est un mouvement social qui est en constant changement. Le terme féminisme porte à croire que le mouvement est encore pour les femmes et pas pour les hommes par son historique et le mot pour le désigné. Ce qui aurait peut-être amené la ministre et beaucoup d’autres personnes à ne pas s’identifier à cette philosophie et conviction.


Oui, mais c’est la ministre de la condition FÉMININE!!!

Effectivement, elle est supposée faire la promotion de la condition pour les femmes. Cela ne lui enlève pas le droit de considérer les hommes aussi dans son travail ou dans sa vision personnelle de l’égalité entre homme et femme. Il serait peut-être plus pertinent de comprendre d’où vient sa perception de ne pas s’identifier comme féministe, mais comme égalitaire, plutôt que de trouver ses propos absolument outrants. Il est possible que je me trompe dans mon interprétation de la ministre, mais tendre l’oreille et écouter la position de l’autre a bien meilleure chance d’apporter des changements sociaux positifs que d’entrer dans une guerre avec les autres n’ayant pas la même position ou conviction que nous.

Un féministe qui se pose des questions!


Sexologue & psychothérapeute Montréal